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Arty Fall 2011: Dans l’art du temps…

Printemps de Septembre, Collector Tri Postal, FIAC: 3 villes, Toulouse, Lille, Paris, et 3 approches et visions de l’art contemporain.

Un Printemps d’un autre monde

A Toulouse, le Printemps de Septembre, né cadurcien il y a 21 ans, propose chaque automne un festival éclectique, mêlant expressions artistiques (de la photo historiquement à une 20e édition dédiée à la performance) et se voulant ouvert au public et sur la ville. Moins énigmatique que les précédentes « Là où je suis n’existe pas », ou « Là où je vais je suis déjà » (2008, 2009), le Printemps 2011 se voulait, sous la direction d’une nouvelle commissaire, Anne Pontégnie, « d’un autre monde.
Pendant 3 semaines, du 23 septembre au 16 octobre, le festival présentait, à Toulouse et alentours, une vingtaine d’expositions et une cinquantaine d’artistes, associés à des Soirées Nomades (mention spéciale au sympathique Splash Wave), des Apéros du Bout de la Nuit et à un parcours lumière dans la ville rose. Tout un programme au cours duquel on a pu découvrir un géant totémique au cœur de l’ancien prieuré des Chevaliers de Saint-Jean ou des gargouilles post-modernes aux Augustins signés Thomas Houseago, tenter de comprendre la danse Butô ou le théâtre No grâce à Tatsumi Hijikata et Simon Starling dans l’ancien couvent gothique des Jacobins. Au Château d’Eau, en écho à l’architecture ronde et technique du lieu, Ei Arakawa échafaude une théorie de séparation d’algues dans son gel (acrylamide ?) « See weeds ». 15 artistes plus loin aux Abattoirs, on retraverse la Garonne pour écouter les musiques florales de la belge Edith Dekyndt sur fond d’acides aminés et d’ondes invisibles. Poétique. Après la référence pseudo-scientifique, place à l’Histoire, ou plutôt la Préhistoire avec « Grotta Profunda ou les Humeurs du gouffre » de Pauline Curnier-Jardin à Niaux.
Pas de choc visuel ou conceptuel pourtant en ce Printemps de Septembre 2011. Il n’y a plus de saison… Vivement 2012 !

Lille fait du Tri dans l’art contemporain

A Lille, il semblerait que la saison bat son plein depuis 2004 et la bienvenue consécration comme Capitale Européenne de la Culture. En cet automne 2011, l’exposition Collector propose une rétrospective impertinente (et quelques valeurs sûres) à travers un panorama admiratif des 220 ans de collection du Centre National des Arts Plastiques.

Pêle-mêle, dans ce fameux Tri Postal rénové en 2003, 40 ans d’art contemporain et quelques clins d’œil jusqu’au XVIIIe siècle, vus sur trois étages et sous trois angles : « Les grands trans-parents », « Dommages collatéraux » et « Life is a killer ». Avec l’autruche du « pape » Maurizio Cattelan (pas de Nona Ora dans la collection Collector…) en invitée spéciale de l’affiche de l’exposition qui se tient du 5 octobre au 1er janvier 2012, Collector balaie références illustres du passé et icônes déjà cultes ou en devenir de l’art contemporain : Matisse, Ingres, Saura, Doisneau, Rauschenberg, Starck, Warhol, Ron Arad, AES, matali crasset, Castelbajac…), la sélection est éclectique et les images s’entrechoquent : la DS coupée de Orozco répond à la Déesse de Milo, le Néo-Codion de Baudevin ne nous soigne de rien, la guerre de Wang Du guette, le rêve américain de Mounir Fatmi s’effondre et celle d’AES se voile (triste prémonition), les nombres d’Opalka s’alignent et disparaissent jusqu’à la mort tout comme les crânes de Saâdane Afif tandis que l’horloge Real Time de Maarten Baas compte le temps qui passe.
Plombant ou vivifiant ? Qu’on aime ou pas le climat rafraichissant et les rustiques fromages du Nord de la France, Lille épate avec sa programmation culturelle qui fait date, son habilité à impliquer acteurs économiques et publics diversifiés, son inventivité pour recycler piscine, centre postal, église ou gare désaffectée en lieux d’art et autres Maisons-Folies, sa vision « XXL » et festive de l’art. Bombaysers de Lille… 3000 !

FIAC Paris: Business is succes !

L’automne arty ne serait pas ce qu’il est sans l’incontournable FIAC, car c’est bien sûr à Paris que cela se passe côté business, marché et mondanités. Loin de la crise ambiante paraît-il, et dans un grand écart entre art moderne et art contemporain, la Foire Internationale d’Art Contemporain 2011 avait cette année investi le prestigieux Grand Palais mais s’égayait aussi dans les jardins des Tuileries, où l’on retrouvait des œuvres de la Biennale (océanique) d’Anglet et au Jardin des Plantes.
Les grands noms étaient tous là, des artistes (Cyndi Sherman présente au Printemps de Septembre toulousain en 2005, Soulages, Louise Bourgeois, Murakami, Xavier Veilhan, Buren, Gursky, Lichtenstein, Damien Hirst…) aux galeristes de la place et d’ailleurs en passant par quelques VIP. Avec 21 pays et 168 galeries représentés, 70 000 visiteurs, la FIAC 2011 signerait un grand succès qui placerait désormais Paris juste derrière la grand-messe Art Basel. Vive la France !

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